Décembre 2005, vol. 14, no.6

EDITORIAL

Une victoire dans la bataille pour la protection des terroirs

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

En cette fin de session parlementaire, tumultueuse comme elles le sont souvent, le gouvernement a entendu les protestations assez unanimes en provenance des terroirs et a finalement retiré son projet de loi pour en présenter un nouveau qui, à première vue, tient compte d'un certain nombre de nos préoccupations. Il faut s'en féliciter et surtout se réjouir pour les nombreux artisans des terroirs pour qui l'État est au mieux inexistant et au pire une enfarge bureaucratique qui ne les soutient que très peu. Une inconnue et un gros manque demeurent pourtant encore dans ce dossier.

L'inconnue concerne la protection du mot « terroir » lui-même. Ainsi, ce mot intraduisible, qui n'a pas d'équivalent chez nos amis anglo-saxons mais qui est devenu un peu le porte-étendard d'une tendance qui revendique la qualité, l'unicité, la fabrication artisanale, pourrait continuer à être utilisé à toutes les sauces, sans restriction. Tant que les pâtés et confitures industrielles pourront porter l'appellation terroir, l'usurpation persistera, le consommateur risquera d'être trompé et les artisans qui transforment les petits fruits comme les autres matières premières issues des terroirs selon des savoir-faire traditionnels auront peine à faire reconnaître la véritable valeur ajoutée de leurs produits.

Quant au gros manque, en fait, il y en a deux. D'abord, le gouvernement n'a pas prêté oreille à notre revendication à l'effet que le terroir n'est pas qu'alimentaire. Ainsi, le papier St-Gilles, le lin du Portneuf, la vannerie de l'Île d'Orléans, les chaloupes Verchères ne pourront compter sur aucune protection, ni aucun appui lié à un savoir-faire traditionnel ou en essor, à une ressource unique et à un territoire délimité et nommé.

Le deuxième est un manque de volonté qui est lui porteur de lourdes conséquences, il s'agit de l'absence d'une véritable stratégie de soutien à l'économie des terroirs que nous réclamons pourtant en tant qu'instance-conseil depuis des années. Toutes les productions agricoles peuvent compter sur l'appui financier de l'État, sauf celles des terroirs qui, bien que de petite échelle et répondant à une logique qui n'a rien à voir avec la production de masse, n'en nécessitent pas moins assistance technique et argent pour la mise en marché, la distribution, la réalisation de cahier des charges, etc. Or, autant le ministère de l'Agriculture stabilise et assiste des produits de masse, autant il perd son latin avec les terroirs tandis que le ministère du Développement régional a assisté muet à la disparition du seul programme destiné aux artisans des terroirs à avoir jamais existé : la Mesure de soutien au développement des produits du terroir. Une mesure qui a permis d'appuyer 56 producteurs et artisans qui contribuent toujours à l'essor des produits de terroir à travers tout le Québec. Quel appui recevra donc cette nouvelle forme d'économie si utile à reconvertir les villages de façon d'autant plus durable et pérenne qu'elle est généralement indélocalisable ?

Les croxignoles, le hareng fumé et le Pied de vent sont des Îles-de-la-Madeleine comme les prunes de Damas et l'anguille fumée sont du Kamouraska, l'agneau de Charlevoix et le caviar de corégone du Témis et je pourrais continuer pratiquement à l'infini. Pour que ces excellents produits se trouvent sur les étals de Toronto, Boston, Lyon ou Tokyo et sur les cartes des grands restaurants du monde, il faudra un soutien de la part de l'État et aussi une ouverture à appuyer les producteurs dans le respect de leur type de production avec tout ce que cela comporte de souplesse et d'adaptation pour quiconque applique les règles des productions de masse. Du travail sur la planche en perspective pour 2006 !

 

Profitez-en bien !

Que le temps des Fêtes, donc des célébrations, des retrouvailles et des gâteries soit aussi pour vous occasion de repos et de recul pour mieux rebondir en 2006. Joyeuses Fêtes à tous les lecteurs du Québec rural !

MOT DU SECRETAIRE

De New Richmond à Lebel-sur-Quévillon

Par Cherkaoui Ferdous
cferdous@solidarite-rurale.qc.ca

La communauté de Lebel-sur-Quévillon est plongée dans une crise majeure depuis l'annonce de la compagnie DOMTAR de fermer ses installations. Ce cas vient s'ajouter à une liste de petites communautés rurales qui, depuis les quatre dernières années, ont vu leur économie ébranlée par des fermetures d'usine majeures. NewRichmond, Port-Alfred,Chandler,Asbestos et d'autres, illustrent bien cette tendance.Au-delà de la conjoncture difficile invoquée par les compagnies, cette tendance soulève des questions de fond quant à l'avenir des nombreuses communautés fortement dépendantes d'un seul employeur ou d'une seule ressource. Ces communautés ont en commun leur petite taille qui les rend d'autant plus vulnérables face à de telles crises. Avec ses 3000 habitants Lebel-sur-Quévillon n'a évidemment pas la capacité d'absorber un choc aussi important que le licenciement de quelque 700 travailleurs. Et la fermeture de la Smurfit Stone à New Richmond ébranle non seulement l'économie de cette localité mais aussi celle de la Gaspésie dans son ensemble. Si, dans la plupart des cas, ce sont des secteurs traditionnels comme le bois et les pâtes et papier qui sont en cause, à Huntingdon et en Beauce ce sont les manufactures de textile qui sont touchées par les effets de la mondialisation.

Dans l'urgence de ces crises, l'attention est naturellement orientée vers des mesures permettant de contrer, à court terme, les effets néfastes pour les travailleurs et la communauté.Mais à long terme, il s'agit souvent bien plus que d'une simple relance. La prospection d'un investisseur majeur pouvant reprendre les actifs et relancer les activités est sans doute la solution la plus envisagée. Si elle arrivait à se concrétiser, une telle stratégie ne réduit en rien la dépendance de la communauté. En revanche, la reconversion économique à l'échelle du territoire est une stratégie plus laborieuse qui s'inscrit dans le long terme et qui vise une transformation graduelle de la base économique de la communauté.

Le phénomène n'est pas nouveau bien qu'il connaisse une ampleur récente. L'expérience de certaines communautés démontre que de telles crises peuvent servir de tremplin, d'électrochoc qui suscite la mobilisation, la participation des citoyens, l'émergence de nouveaux leaders, et un brassage d'idées et d'initiatives. Bref, des ingrédients nécessaires mais qui ne peuvent être suffisants sans une orientation, une stratégie et un appui des gouvernements. Les trajectoires de reconversion diffèrent selon l'environnement et les milieux, il n'en demeure pas moins que les expériences les plus probantes sont celles qui misent sur une plus grande prise en charge par le milieu de son propre développement. Solidarité rurale du Québec considère la reconversion économique des territoires ruraux comme un enjeu important, incontournable et lui a consacré durant les derniers mois, avec l'appui de Développement économique Canada, un effort de recherche. Les résultats de cette recherche serviront à accompagner les acteurs et intervenants du monde rural par le biais d'ateliers de formation et de guides. La Conférence nationale, prévue les 8, 9 et10 mars prochain à Sherbrooke, proposera d'ailleurs un atelier spécifique sur cette question où les « reconvertis » et les « durement touchés » dialogueront de leur expérience respective et des défis qui se présentent.

BREVES

LA MONDIALISATION CRAQUE,DISCUTONS-EN !

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

La 14e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec, qui coïncide cette fois-ci avec le 15e anniversaire de la Déclaration du monde rural, se prépare avec fébrilité. Déjà, vous êtes conviés à réserver à votre agenda les 8, 9 et 10 mars prochain, à Sherbrooke, et à surveiller le courrier en début d'année pour le programme et le formulaire d'inscription.

Seront traités par nos conférenciers des thèmes comme la situation qui prévaut dans les zones rurales des pays de l'OCDE, le cas des pactes territoriaux en Italie, le bilan des pactes ruraux ici au Québec, les questions de la décentralisation et de la gouvernance. Seront présents des chercheurs, des maires, des ministres, des gens formidables qui réalisent au quotidien des projets qui font les communautés et qui vont nous les présenter.

 

LA NÉO-RURALITÉ, UN ENJEU DE SOCIÉTÉ

Par Marie-Lou Ouellet
mlouellet@solidarite-rurale.qc.ca

Depuis un certain temps déjà, la question de la migration en milieu rural est l'une de celles qui préoccupent Solidarité rurale du Québec (SRQ). En initiant la Foire des villages au tournant du deuxième millénaire, SRQ a contribué à inscrire cet enjeu à l'agenda public. La question n'est toutefois pas propre au Québec. Des deux côtés de l'Atlantique, des recherches sont menées afin de documenter le phénomène de la néo-ruralité et plus concrètement, des événements (du type Foire des villages) sont également programmés afin de mettre en réseau les communautés d'accueil et les migrants potentiels.

Mais si l'enjeu néo-rural est international, la façon de l'aborder diffère sur plusieurs points, notamment en ce qui concerne la manière de catégoriser les migrants (ou de segmenter en langage marketing) et dans le choix des activités réalisées afin de valoriser les communautés d'accueil.

Qui sont les néo-ruraux?

Au Québec et ailleurs au Canada, on remarque que plusieurs recherches portent sur les aspirations et les mouvances des jeunes ou sur les immigrants.Une grande part des activités d'attractivité en milieu rural vise à attirer les jeunes diplômés et les jeunes familles. En clair, on cible, tant dans le sujet de recherche que sur le terrain, un public choisi en raison de critères démographiques. L'Europe, et particulièrement la France, diffère à ce sujet : la Foire à l'installation en milieu rural vise, quant à elle, à attirer des artisans, des agriculteurs et des
commerçants. On les identifie en tant que « porteurs de projets ». On choisit par conséquent de cibler des créateurs d'activités sans égard, semble-t-il, à l'âge.

Ce qui les incite à migrer

De la même manière, les activités visant à promouvoir l'attractivité des territoires ruraux diffèrent. Bien sûr, on rétorquera que la problématique est distincte à chaque région voire à chaque pays : pendant que plusieurs territoires ruraux en France ou au Québec connaissent un regain d'attractivité, d'autres périclitent. Quoi qu'il en soit, on note que les activités québécoises se veulent surtout promotionnelles (mettant de l'avant les caractéristiques des territoires) alors que les activités françaises sont axées sur la structuration de politiques d'accueil à partir de diagnostic global de leur situation économique, socioculturelle et environnementale suivi d'actions concrètes afin d'améliorer ces différentes facettes. À ce propos, une enquête française souligne que pour plus du tiers des « néo-installés » créateurs d'activités, le choix de la région s'établit en fonction de la capacité de celle-ci à favoriser le développement de leur projet professionnel et dans l'aide apportée par les locaux. Au Québec, on observe plusieurs municipalités ou MRC qui ont développé (ou sont à le faire) des politiques d'accueil et des politiques familiales afin de favoriser l'installation permanente de migrants dans leur milieu.Toutefois, le travail ne s'arrête pas là, l'effort doit s'échelonner sur plusieurs années.

Vers une implication accrue de SRQ

Chez Solidarité rurale du Québec, on croit que les deux types d'approches décrites plus haut sont complémentaires. Par conséquent, les initiatives québécoises doivent être diffusées et les communautés doivent rencontrer les migrants en devenir, de tout âge et porteurs de projets. La mise sur pied d'un Réseau Migration concrétise ce point de vue. SRQ mène en ce moment plusieurs activités de front qui ont en commun la question de la néo-ruralité. En effet, la coalition a entrepris une étude sur les migrations villes-campagnes devant mener à un colloque en 2007; l'événement Foire des villages reviendra, aussi en 2007, sous une forme renouvelée; grâce à un programme du Secrétariat rural, SRQ participe à des échanges avec des communautés hors Québec (Réseau migration/Foire des villages); Les pages vertes recensent un bon nombre d'initiatives communautaires relativement à la migration et elles y mettront encore plus d'emphase dans les mois qui viennent. Un site Internet dédié à la problématique de la néo-ruralité prend forme et sera mis en ligne dans les prochains mois.

 

L'AGROTOURISME AU QUÉBEC, UN SECTEUR EN CROISSANCE.

Par Sylvie Bellerose
sbellerose@solidarite-rurale.qc.ca

Le 14 novembre dernier se tenait à Nicolet le Forum sur l'agrotourisme au Québec. Cet événement a rassemblé plus d'une centaine de personnes : des producteurs, des associations et des intervenants du tourisme et de l'agroalimentaire représentant plusieurs régions du Québec.

Le Forum a été organisé par le Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec qui regroupe notamment les ministres de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) et du Tourisme du Québec ainsi que des Tables régionales représentant les secteurs agroalimentaire et touristique. Il s'inscrit au nombre des activités devant mener à l'élaboration, d'ici le printemps 2006, d'un plan de développement et de commercialisation du secteur agrotouristique pour le Québec. Pour ce faire, le portrait de l'agrotourisme au Québec et un diagnostic ont été réalisés par une firme privée.

Quelques grandes lignes sur l'agrotourisme :

L'agrotourisme est une activité touristique complémentaire de l'agriculture, ayant lieu dans une exploitation agricole. Il met des productrices et producteurs agricoles en relation avec des touristes ou des excursionnistes, permettant ainsi à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production par l'accueil et l'information que leur réserve leur hôte.

Selon des données récentes du MAPAQ, on dénombre plus de 530 entreprises agrotouristiques dont on retrouve une densité plus importante (60 % des entreprises) dans cinq régions du Québec (Laurentides, Montérégie, Cantons-de-l'Est, Chaudière-Appalaches et Lanaudière). Les productions végétales et animales occupent respectivement 66 % et 45% des entreprises. Près de la moitié (42%) des producteurs transforment les produits de la ferme. L'offre est relativement diversifiée et généralement de qualité.

Le diagnostic réalisé identifie par ailleurs qu'au plan touristique, la demande dans ce secteur est en croissance, que la clientèle s'élargit, que l'excursionniste souhaite de plus en plus goûter aux produits et répéter l'expérience lors de ses sorties. Les opportunités sont donc plus qu'intéressantes.

Toutefois, les producteurs mentionnent qu'il est exigeant de s'aventurer dans ce secteur en raison des nombreuses réglementations, des attentes grandissantes des consommateurs, des coûts relatifs à la promotion, etc. Plusieurs outils et services sont offerts aux entreprises et on les retrouve dans divers organismes locaux et régionaux.

En somme, il apparaît qu'un plan de développement et de commercialisation sera utile pour guider à la fois le déploiement de l'agrotourisme sur le territoire québécois et sa mise en marché. C'est un dossier à suivre au cours du printemps prochain.

 

DES CHANGEMENTS AU SEIN DE SRQ.

Par Cherkaoui Ferdous
sbellerose@solidarite-rurale.qc.ca

Sylvie Bellerose et Marie-Lou Ouellet, deux noms que vous avez remarqués récemment dans le Québec rural sont venues se joindre à l'équipe de SRQ.Mme Sylvie Bellerose est riche d'une longue expérience dans le développement local, elle a notamment assumé la direction générale du CLD de la MRC d'Asbestos avant de venir se joindre en août dernier à notre équipe.Mme Marie-Lou Ouellet a également fait son entrée, elle s'occupe de la stratégie de SRQ en matière de migration et de néoruralité. M. Éric Martel, qui assumait la fonction de conseiller en développement rural, a décidé de relever de nouveaux défis après plusieurs années passées au service de notre Coalition.

 

AVANT-PROJET DE LOI SUR LA LOI ÉLECTORALE

Par Jean Des Lauriers
jdeslauriers@solidarite-rurale.qc.ca

Le gouvernement du Québec a mis sur pied en juin 2005 la Commission spéciale sur la Loi électorale qui réunit, aux côtés des députés des différents partis, un comité formé de huit citoyens. Cette Commission a procédé, du 1er au 11 novembre dernier, à des consultations particulières sur l'Avant-projet de loi sur la Loi électorale déposé à l'Assemblée nationale le 15 décembre 2004. Lors de ces consultations particulières, la Commission a entendu le Directeur général des élections du Québec, plusieurs experts universitaires ainsi que des représentants des partis politiques venus exposer leurs points de vue au sujet de la réforme du mode de scrutin proposée par le gouvernement du Québec. Dès le début de la prochaine année, la Commission se déplacera en région pour entendre les citoyens et les groupes intéressés par cette question, dans le cadre d'une consultation générale. Celle-ci se tiendra du 24 janvier au 9 mars 2006 dans plusieurs villes du Québec.

Le mode de scrutin proposé est une variante du système électoral mixte compensatoire qui combine les listes de candidats fournies par les partis politiques et les circonscriptions uninominales. Selon les documents explicatifs publiés par le gouvernement du Québec, ce nouveau mode de scrutin a pour but de rétablir la confiance des citoyens envers le processus électoral et de corriger les trop grandes distorsions entre les votes reçus par chaque parti et le nombre de candidats élus. Il cherche également à éviter les renversements de volonté populaire, où le parti qui remporte le plus de votes n'est pas celui qui obtient le plus de sièges comme cela s'est produit dans l'histoire récente du Québec. Il vise enfin à améliorer les chances des petits partis d'être représentés à l'Assemblée nationale et à respecter le sentiment d'appartenance régionale des citoyens.

Appelé « proportionnel mixte », ce modèle propose d'abord une carte électorale basée sur une nouvelle délimitation des circonscriptions de même que sur une seconde forme d'unité territoriale appelée les districts électoraux. Ces districts sont des regroupements de circonscriptions électorales. Selon ce qui est proposé à l'article 166 de l'Avant-projet de loi, le territoire du Québec sera divisé en 77 circonscriptions regroupées en districts électoraux dont le nombre pourra varier de 24 à 27, aux fins de l'élection de 127 députés. Chaque district regroupera, sauf exception, trois circonscriptions et comportera deux sièges de district, pour un total de 50 sièges de districts pour l'ensemble du Québec.

Ce projet de réforme fait donc une distinction entre deux catégories de députés. Les députés de circonscription seront élus selon le même modèle majoritaire uninominal à un tour que nous connaissons actuellement. Les électeurs disposeront d'un vote pour élire le candidat de leur choix, comme ils le font maintenant. Le nouveau modèle propose aussi l'élection de députés de districts (ou « de compensation »). Dans chaque district, une liste sera dressée par chacun des partis politiques. Les sièges de district seront attribués aux partis politiques en fonction du nombre total de votes recueillis par les candidats de circonscription de ce parti dans les circonscriptions d'un même district, selon une méthode de calcul particulière.

Dans un article paru l'an dernier à ce sujet1, nous faisions état de l'importance d'une réforme du mode de scrutin pour une représentation démocratique plus conforme à l'expression de la volonté populaire. Un des enjeux démocratiques entourant la question du mode de scrutin est bien sûr la fidélité de la représentation, c'est-à-dire l'adéquation entre le nombre de votes exprimés et le nombre de sièges attribués au parlement. Les partisans d'une réforme du mode de scrutin souhaitent corriger les distorsions importantes de la représentation induites par le mode de scrutin majoritaire. Cet enjeu démocratique concerne aussi le monde rural puisqu'il y va de ses intérêts d'être équitablement et justement représenté au sein des institutions parlementaires. Cette préoccupation nous conduit à questionner le niveau où devrait s'appliquer la compensation. Le projet de réforme déposé par le gouvernement du Québec propose une compensation à l'échelle des districts, ce qui, de l'avis de plusieurs, diminue très faiblement les distorsions causées par le scrutin majoritaire. En revanche, une compensation à l'échelle nationale contribuerait à rendre plus effective la représentation de la diversité des tendances politiques et à rendre plus dynamique la démocratie québécoise.

Par ailleurs, nous insistions sur l'importance de la représentation territoriale et sur le fait que le nouveau mode de scrutin devait tenir compte des réalités particulières du monde rural conjuguées à de vastes étendues territoriales aux figures multiples. Le projet du gouvernement du Québec propose des nouvelles circonscriptions basées sur des territoires beaucoup plus étendus, puisque l'on passerait de 125 à 77 circonscriptions. La préoccupation de Solidarité rurale du Québec à ce stade est de s'assurer que le nouveau découpage territorial tienne compte des véritables territoires d'appartenance qui ont un sens pour les gens qui y vivent, tout en respectant le plus possible une certaine égalité du poids démographique d'une circonscription à l'autre. La représentation territoriale avec des circonscriptions certes plus grandes mais mieux définies (selon un découpage qui tient compte des réalités des territoires et des limites territoriales des MRC) constituerait une véritable représentation directe et proposerait un meilleur équilibre entre les régions. Ce découpage, combiné aux mécanismes de compensation à l'échelle nationale, aurait l'avantage de ne définir qu'un seul niveau de représentation territoriale afin d'éviter que cette dernière soit diluée entre territoires de circonscriptions et territoires de districts.

Solidarité rurale du Québec a déposé un mémoire à la Commission spéciale sur la Loi électorale et participera aux audiences publiques que celle-ci tiendra à compter du 24 janvier 2006.

1 « Réforme du mode de scrutin » Québec rural, Bulletin de liaison, Solidarité rurale du Québec, vol. 13, no 7, novembre 2004, p. 2. 2001, p. 2.

AGENDA
  • 23 novembre 2005 (J. Proulx)
    Montréal. Rencontre portant sur le développement futur du Parc agricole du Bois-de-la-Roche.
  • 28 novembre 2005 (S. Bellerose, J. Des Lauriers, M-L. Ouellet)
    Nicolet. Rencontre portant sur le renouvellement de la Politique Nationale de la Ruralité.
  • 29 novembre 2005 (S. Bellerose, M-L. Ouellet)
    Québec.Rencontre Équipe rurale portant sur le Réseau migration.
  • 2 décembre 2005 (S. Bellerose, J. Des Lauriers, M-L. Ouellet)
    Nicolet. Rencontre portant sur le renouvellement de la Politique Nationale de la Ruralité.
  • 8 décembre 2005 (M-L. Ouellet)
    Moncton. Forum La repopulation rurale.
  • 12 décembre 2005 (S. Bellerose, M-L. Ouellet)
    Nicolet. Rencontre Équipe rurale portant sur le Réseau migration.
  • 23 décembre 2005 (toute l'équipe de Solidarité rurale du Québec)
    Nicolet. Les bureaux de SRQ seront fermés pour la période des fêtes.
  • 6 février 2006 (J.Proulx, J.-P. Fournier, C. Ferdous)
    Nicolet. Réunion du conseil d'administration de Solidarité rurale du Québec.